Un festival assez décevant cette année, une programmation peu riche en bons films malgré tout de même quelques grands moments de Cinéma. Un séjour scolaire pourtant assez agréable dans l'ensemble malgré l'hôtel miteux, le froid et les merdes de chiens qui parsèment les rues de Belfort. On a bien rigolé quand même, et puis je suis pas revenu les mains vides : le DVD d'Inland Empire semblait me supplier de le prendre dans mes bras sur cette petite étagère de la Fnac... 27E, c'est pas rien, mais impossible de résister. Bref, fini de raconter ma vie, passons au récapitulatif des films que j'ai vus lors de ces quatre petits jours...
RECAPITULATIF DES FILMS VUS :
- Nouveau film au programme du BAC -
Hiroshima Mon Amour d'Alain Resnais : Une aubaine de revoir de chef d'oeuvre absolu sur grand écran. Beau à pleurer, d'une complexité vertigineuse. Un film qui résonne longtemps dans la tête et dont il est difficile de se remettre.
- La lutte armée -
The Weather Underground de Sam Green et Bill Siegel : Documentaire passionnant sur une zone d'ombre de l'Histoire des USA. Très bien construit et rythmé, jamais ennuyeux, le film ne prend jamais trop parti et ne fait preuve d'aucune lourdeur dans le propos. Les images d'archive sont impressionnantes, le montage parfait. Une très bonne surprise en somme.
- La lutte armée -
Die Dritte Generation (La Troisième Génération) de Rainer Werner Fassbinder : Drôle et tragique à la fois, un film très étrange et somme toute assez éprouvant où l'o na du mal à trouver ses repères. Le but du groupe de terroristes et du film lui-même reste obscur mais on reste fasciné du début à la fin. La propreté de al mise en scène et la beauté de la photographie impressionent à chaque instant et les acteurs sont très convaincants (superbe Bulle Ogier). On en sort perplexe mais pourtant persuadé d'avoir assisté à un très grand moment de cinéma.
- La lutte armée -
Bronco Apache de Robert Aldrich : J'ai dormi. Lancaster est très drôle en Apache je trouve, ça ne lui va pas du tout ^^, et pourtant Dieu sait que j'adore cet acteur (Mamamia "Le Guépard" !). Le film m'avait l'air pas mal du tout pour ce que j'en ai vu, je suis un peu déçu d'avoir roupillé, mais bon tant pis, de toute façon les westerns c'est pas trop mon truc !
- Séance jeune public -
La Gabbianella e il gatto (La Mouette et le Chat) d'Enzo D'Alo : La travail graphique est intéressant et les personnages sont sympathique et assez attachants, mais l'ensemble reste assez niais et plutôt manichéen et la morale est trop simpliste et gentille. Tant pis après tout car on passe un bon moment et on retombe en enfance bien que les passages musicaux plutôt ridicules gâchent un peu... C'est très mignon mais vraiment pour les petits enfants. Je me souviens avoir pleuré devant quand j'étais petit. En tout cas l'ambiance de la séance était à pisser de rire !
- Autour d'"Hiroshima Mon amour" -
Orphée de Jean Cocteau - Impossible de résister au sommeil, je n'ai vu que les 10 premières et dernières minutes. Vraiment pas mon genre et puis Jean Marais est insupportable je trouve ! Pourtant Cocteau ça me tente bien mais ce que j'ai vu de celui-là m'a un peu refroidi. Je ne nie pas que c'est un bon film, mais ça a mal vieilli à mon sens...
- La lutte armée -
eXistenZ de David Cronenberg : Une sorte de remake actualisé de "Videodrome" en plus philosophique avec trips métaphysiques à la clef. Un véritable tourbillon, un vertige. Cronenberg joue avec les notions de réalité et de virtualité en les faisant "s'interpénétrer" jusqu'à nous faire douter de notre réalité et de notre propre existence ("Are we still in the game ?") et nous amener sans lourdeur ni prise de tête et avec beaucoup de fun et d'humour à de passionantes réflexions. Très drôle et second degré, riche en trouvailles et en sensations fortes, le film s'apparente à un véritable orgasme cinématographique, une expérience unique à vivre absolument mais très difficile à interpréter.
- La lutte armée -
They live (Invasion Los Angeles) de John Carpenter : Un des films les plus drôles qu'il m'ait été donné de voir et en même temps une satire très intelligente des USA et très virulente envers la société de consommation et d'asservissement capitaliste. Tout le monde en prend pour son grade et c'est incroyablement jouissif. L'humour joue beaucoup sr le burlesque et l'absurde des situations mais aussi sur l'idiotie des dialogues et des personages en donnant ainsi un bon coup de pied dans les clichés de la SF pour un résultat détonant. Un grand moment de rigolade !
- Autour d'"Hiroshima Mon Amour" -
Moderato Cantabile de Peter Brook : Casting impressionnant (Moreau, Belmondo, Montand) et surprenant pour un tel film. D'un point de vue purement esthtique, c'est impressionnant de maîtrise : très belle photographie, mise en scène élégante, lumière carressante... Malgré cela le film ne convainct absolument pas. C'est plat, mou, très chiant, on a l'impression qu'il ne se passe rien et c'est il me semble le cas... Les intentions du réalisateur et de Marguerite Duras (qui a écrit le livre dont est adapté le film) me dépassent complètement...
- Colloque : Cinéma et Histoire -
Nada de Claude Chabrol :Une sorte de Costa-Gavras comique avec des dialogues assez bien écrits et un humour truculent. L'ensemble a pourtant trop tendance à sombrer dans la vulgarité gratuite. ON s'amuse parfois même si la plupart du temps on s'ennuie faute à un scénario mal construit et peu cohérent, de grosses longueurs et un sens du rythme déplorable aussi bien au niveau du montage que de la narration. La photographie est en outre désagréablement laide (et la qualité excécrable de la copie n'a fait qu'accentuer cette laideur). On a tout de même connu Chabrol bien plus inspiré !
- La lutte armée -
Cecil B. DeMented de John Waters : Passer ce film à Belfort et en plus dans le cadre de la lutte armée relève de la farce de mauvais goût... A vrai dire, le début n'est pas mal, c'est une sorte de détournement qui se détourne lui-même, il y a de bonnes idées. La satire de l'aspect commercial du cinéma est intéressante et bien menée. Malheureusement, ça bascule vite dans la farce de mauvais goût et les gags scabreux sont au mieux dignes d'un "Scary Movie" au rabais. C'est navrant et ce n'est même pas drôle.
- La lutte armée -
Running On Empty (A Bout de Course) de Sidney Lumet : Impossible de ne pas lacher une petite larme. C'est très beau, très émouvant sans être trop mélo ni pathos. Un film tout en retenue et sobriété qui fait l'unanimité. La mise en scène est très propre, très élégante, sans aucun artifice, juste une simplicité déchirante. On pourra reprocher au film sa facilité (le scénario joue après tout beaucoup sur les émotions sans se compliquer l'existence) mais on ne peut de toute façon qu'être touché. Les acteurs sont en outre extraordinaires.
-Autour d'"Hiroshima Mon Amour" -
Une Aussi Longue Absence d'Henri Colpi : Marguerite Duras n'a-t-elle écrit qu'un bon film pour le Cinéma (A savoir "Hiroshima Mon Amour") ? En tout cas cette "Aussi Longue Absence" porte vraiment bien son nom. C'est tout aussi mou et pénible que "Moderato Cantabile". Il ne se passe absolument rien qui mérite de retenir l'attention, l'histoire est banale, on n'attend qu'une chose tout le long du film : la fin ! Aucune énergie, aucune conviction ni dans l'écriture ni dans la mise en scène. Même Alida Valli, pourtant extraordinaire dans "Senso" de Visconti, est ici peu convaincante...